Voici une jolie histoire qui montre que l’on peut bâtir de très grandes et belles choses à partir d’une simple légende pourvu que celle-ci fasse rêver. La chapelle Notre Dame du Chêne en est un fabuleux exemple qui, de nos jours encore, continue de faire rêver les foules.

Tout commence au XIIe siècle, dans un bois inconnu de tous. Tous ? Sauf des paysans du coin. A l’origine, ce bois s’appelait « Garenne des Comtes ». C’est dans ce bois, qu’est venu prier un saint.
Il s’agissait de Saint Bernard, guerrier de la Foi, un simple moine, fragile mais puissant dans sa mission chrétienne, apostolique et politique. Dans ce petit bois inconnu, celui qui deviendra saint Bernard de Clairvaux est venu prier au pied d’un chêne. Ce petit bois appelé « Garenne des Comtes » eu l’honneur de recevoir en lui Saint Bernard, puis, ce fut le tour de Louis XI.
Les recits des « miracles » du bois de Garenne des Comtes parviennent aux oreilles de Louis XI dit « le Prudent ». Piqué par la curiosité il décidera de rendre visite à ce chêne
En 1153, Bernard meurt en laissant derrière lui une filiation de 68 abbayes qui créèrent elles-même plus de 350 monastères. Saint Bernard est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux. Il est proclamé Docteur de l’Église catholique (Doctor mellifluus) en 1830 par le pape Pie VIII.
Quelques temps plus tard, les événements qui suivront auront-ils un liens direct avec Saint Barnard de Clairvaux ? Qu’importe ! Liens ou pas une fabuleuse légende naîtra et parviendra jusqu’à nous.

Entre légende et réalité
Cette légende raconte qu’un jeune pâtre aurait trouvé une statuette de la Vierge dans la cavité, comme une sorte de niche, entaillée dans le chêne. Cette statuette n’avait rien de remarquable hors mis le fait qu’il s’agissait de Notre Dame de pitié enveloppant dans son manteau, le bas du corps du Christ. La statuette haute de 12 cm seulement, est taillée grossièrement, à l’exception de la tête et des épaules, dans un morceau de buis,

Sans doute séduit par l’objet ou animé du souci de préserver la statuette des intempéries, Le jeune berger la ramena plusieurs fois en sa chaumière. Et sans que l’on sache comment, la vierge revint toujours à son emplacement d’origine. Alors le pâtre décida de déposer la vierge dans l’église Saint Etienne de Bar-sur Seine… et, toutes les à chaque fois, elle revient à son chêne, reposant sur un socle en chêne de 10 cm et placée dans la niche du chêne, au-dessus de l’autel principal.
Plus grande, plus belle…. Une chapelle presque une église.
Nous sommes à présent en 1669. Le bois « Garenne des Comtes » était la propriété de «Son altesse royale» Mademoiselle de Montpensier, La duchesse de Montpensier avait droit en France au prédicat d’altesse sérénissime, du fait de son rang de première princesse du sang de France.

Les «Maire, échevins et habitants de Bar-sur-Seine» lui demandèrent l’autorisation de construire une chapelle pour remplacer la baraque branlante. L’autorisation fut aussitôt accordée par Mademoiselle de Montpensier.
Ainsi, le 28 mai 1669 fut érigée la première chapelle, par souscription des habitants. Le chêne âgé d’au moins 500 ans est coupé à la hauteur de la voûte, et enchâssé dans la chapelle. l’autel est appuyé sur le vieux chêne.
A cette époque, la chapelle n’était faite de branchages qui, rapidement, fut remplacée par une sorte de cabane en planches d’où émergeait la cime du chêne. En 1724, le Maire de Bar-sur-Seine, Monsieur Hénault, remplace la chapelle primitive par un édifice en bois, modeste, surmonté d’un clocher. Il sécurisera la statuette à l’aide d’une sorte de grillage.

Quant au petit bois appelé « Garenne des Comtes », il prendra désormais le nom de «Bois Notre Dame».
Et notre histoire pourrait s’arrêter là. Nous aurions pu écrire « FIN » sur une belle légende qui devint réalité. mais …. La dévotion, goût du « beau »,
Encore et toujours plus somptueuse
Le 29 juillet 1865, le curé de Bar l’abbé Prud pose la première pierre de la chapelle actuelle. Les travaux dureront 2 ans. Réalisée par les offrandes du Barséquanais et de tout le diocèse et en plus d’être plus jolie de style néogothique, la chapelle est plus vaste que la précédente. Elle est construite en forme de croix latine dont les transepts sont terminés par des rosaces. C’est en juin 1867 Monseigneur Ravinet, évêque de Troyes, consacrera solennellement le nouveau sanctuaire,

Selon la Bible, l’inhospitalité est un pêché mortel !! On se devait de réserver un toit quel qu’il soit et un repars aux mendiants de la ville et aux personnes les plus démunies. Beaucoup d’entre eux vivaient à l’intérieur. Ils en étaient parfois chassés en temps de guerre.
Précédée d’un porche de gracieuse structure, elle est implantée suivant le rite habituel consacré à tout édifice religieux : l’abside orienté à l’EST vers le soleil levant.

Dans l’architecture de l’église, l’orientation est un arrangement par lequel le point d’intérêt principal (le chœur) à l’intérieur d’une église est vers l’orient (l’est). L’extrémité Est est l’endroit où l’autel est placé, souvent dans une abside. L’entrée principale des monuments religieux est toujours orientée à l’Ouest (Occident), et l’autel est orienté à l’Est (Orient). Pourquoi ?
Orient (l’Est d’où naît la lumière) est contenu dans le mot « Orientation » ; Le paradis terrestre se trouve à l’est et selon les légendes antiques. Dans la doctrine chrétienne, le principe de l’orientation est fondé sur la lumière (donc sur le soleil) comme symbole du Christ.
Le Christ est la lumière du monde : » Je suis la lumière du monde, qui me suit ne marchera pas les ténèbres […] » (Jean VIII, 12).

Au milieu de l’abside se dresse le maître-autel adossé au chêne dont le tronc, entouré d’un léger édicule de bois, porte la statuette de Notre Dame du Chêne.
Les vitraux de Notre Dame du Chêne ont été restaurés il y a deux ans. Notre Dame du Chêne est flanquée au sud d’une tourelle permettant de monter au clocher et d’accéder à la crypte où repose le corps de l’abbé Prud à qui l’on doit l’aventure de cette chapelle somptueuse.
À l’extérieur s’impose une grotte très rudimentaire où l’eau – non potable – ne tarit jamais. La dévotion à cette sainte, en septembre, lors d’un pèlerinage qui s’étend de 9h30 à 16h pour les vêpres, en fait un lieu de haute spiritualité.

A gauche du porche se trouve une grotte. A travers la grille de protection, on peut voir l’eau d’une source qui ne tarie jamais ! Le bénitier de l’ancienne chapelle y a été encastré qui porte la date 1668. Au sommet on peut lire «Va à la piscine de Siloé, ta foi te sauvera»
Accès et manifestatuions
Notre Dame du Chêne, sensée réaliser bien des miracles, est située dans les hauteurs de Bar-Sur-Seine, perdue au milieu des bois à la sortie de la ville, sur la route de Chaource et avant Avalleur. Il vous faut prendre une petite route à gauche pour découvrir des éléments remarquables tels que des Vitraux d’une extrême splendeur, Abside(s) et Maître autel.
Ouvert de Pâques à octobre. Pèlerinage le dimanche entre le 8 et le 14 septembre. Repas du midi lors du pélerinage de Septembre : 12 euros par personne. Réservation au 06 50 79 45 52.
Sources :
LUNETOILE.COM ; L’EST-ECLAIR ; Le PETITFUTE.COM ; mesvitrauxfavoris.fr ; inventaire.grandest.fr ;
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