Bar-Sur-Seine au cœur du berceau Celte

Bar-Sur-Seine est une ville au passé qui remonte loin … très loin …. Située dans la vallée de la Seine, et sur un axe à la fois commercial et de transit, les hommes se sont très vite installés pour créer sur les contreforts de la « montagne » de Bar une place forte et stratégique. Plus tard, aux confins de ce qui sera devenu la Champagne et la Bourgogne, y sera construit un château fort, triangulaire, aux sept tours dont celle de l’Horloge, encore visible aujourd’hui.

Mais … avant J.C. Bar sur Seine existait-elle et si oui à quoi pouvait-elle bien ressembler ? Bar-Sur-Seine serait-elle une ville celtique ?

Sans retracer ici toute l’histoire du peuple celte (Internet en raconte déjà très long sur ce peuple fascinant) intéressons-nous seulement aux origines de ce peuple conquérant qui étendra sa culture au-delà de la Manche et jusqu’en Asie pour bien comprendre notre Histoire : l’Histoire de Bar-Sur-Seine.

On ne sait pas grand-chose de la civilisation celte. En ces temps reculés l’écriture n’était pas une pratique courante et encore moins la manie d’archiver les connaissances sur CDROM. Tout ce qu’on en sait est issu des fouilles archéologiques et à chaque nouvelles découvertes son lot de bouleversements dans le lanterneau des archéologues et autres historiens.

Tout ce qu’on croyait en savoir jusqu’à il y a peu a été balayé par une découverte majeure dans notre département : à Lavau (près de TROYES dans l’Aube). On savait que cette civilisation avait son berceau en Europe centrale et occidentale. On savait que les origines les plus anciennes se situaient à La Tène (au Nord de Beaune).

Voici une série de cartes qui nous éclaireront, sans aucun doute, sur nos origines celtes. Tous les historiens s’accordent sur le sujet et toutes les cartes publiées un peu partout sur le Net l’attestent, le département de l’Aube (TROYES et BAR-SUR-SEINE), la Champagne et la Bourgogne sont le berceau des peuples celtes :


En fait jusqu’à cette découverte majeure près de TROYES, voici ce qu’on savait :

A la suite d’influences exercées par les Grecs et les Etrusques à l’occasion des relations commerciales, une civilisation celtique s’implante dans la zone géographique située approximativement entre le bassin rhénan, la Bavière et le Danube. Les témoignages archéologiques trouvés dans cette zone présentent une certaine unité et permettent de la considérer aujourd’hui comme étant le berceau des Celtes. Hallstatt, du nom d’une bourgade autrichienne où fut découverte une nécropole de plus de mille sépultures, représente la plus ancienne datation fiable. Les vestiges archéologiques retrouvés à Hallstatt prouvent que ces premiers Celtes pratiquaient la métallurgie du fer, minerai plus répandu et plus facile à exploiter que l’alliage cuivre/étain.

Pour l’heure, nous savons qu’entre 900 et 480 av. J.C. , à l’Age du fer durant la période de Hallstatt dans un premier temps puis doucement vers celle de La Tène dans l’Est de la France et plus exactement le Sud de la Champagne et le Nord de la Bourgogne, les celtes étaient un peuple d’Europe centrale (en jaune sur la carte ci-après) .

Les celtes étaient constitués d’une multitude de petites communautés territoriales dirigées par des dynasties locales s’enrichissent en contrôlant les voies de passage des marchandises. Les échanges commerciaux s’intensifient. En effet, la fabrication du bronze nécessite l’utilisation d’étain et de cuivre que l’on ne trouve pas sur place et, par ailleurs, les objets en bronze feront ensuite l’objet d’échanges commerciaux avec les Grecs et les Etrusques.

Cette période a permis aux Celtes, d’une part, d’acquérir une certaine prospérité en faisant la plupart de leurs échanges avec le monde méditerranéen et, d’autre part, de créer une forme d’art et une civilisation qui leur sont propres. Leurs rites funéraires nous ont laissés des tumulus avec inhumation dans lesquels la dépouille des chefs était accompagnée d’armes en bronze, de bijoux en ambre et en or ainsi que de vaisselle en or et en argent, des denrées alimentaires, des char à quatre roues et pièce liée à la fonction du défunt. La tombe de Vix est un témoignage de cette époque.

Les celtes, un peuple conquérant.

C’est durant la période de La Tène (entre le 5e et le 2e siècle av. J.C.), vers 450 que la Gaule subit de nouvelles invasions venant de l’Est. Les Celtes se répandent en Belgique, en Gaule, en Espagne et franchissent la Manche. Ils pénètrent également en Italie du Nord et certaines tribus atteignent la Grèce puis l’Asie Mineure via l’Empire Ottoman.

Aux VIe et Ve siècles av. J.-C., les Celtes possédaient des objets artisanaux ou rituels fabriqués et achetés à des artisans grecs ou offerts par les Étrusques ou les Grecs de façon à maintenir de bonnes relations commerciales.

Ci-contre, le cratère de Vix (Châtillon-Sur-Seine)

La découverte de la tombe princière de Lavau (près de Troyes) va tout remettre en question dans ce qu’on croyait savoir du peuple celte. On les pensait incultes, barbares sans goût pour les « belles choses » mais, à la lumière de ce qu’on va découvrir dans la tombe du Prince de Lavau, la plus ancienne tombe celte connue à ce jour va produirele plus grand séisme dans les théories des historiens-archéologue. On va se rendre compte que progressivement un art celte, non figuratif, va émerger. Ainsi, l’œnochoé (cruche) trouvée dans la tombe du prince de Lavau, si, à l’origine, elle a bien été fabriquée par des Grecs, elle a ensuite été modifiée (sciage d’une partie du pied, ajout d’un filigrane en or sur la lèvre du vase), probablement pour marquer une appropriation. « Doués en orfèvrerie, les Celtes excellent ensuite dans la fabrication de bijoux en or et en argent, métaux dont ils sont très férus et dont ils exploitent les mines », explique Félicie Fougère, conservatrice au Musée du Pays châtilonnais-Trésor de Vix.

Vix et Lavau, sites celtes exceptionnels

Après celle de la Princesse gauloise de Vix, une tombe d’un Prince celte est découverte à Lavau dans l’Aube… Un grand chaudron à vin, un riche pichet, une passoire, des récipients pour recevoir le précieux breuvage. Tout semble prêt pour un banquet. Mais au fond d’une tombe, celle d’un prince celte du Ve siècle avant notre ère, découverte en Champagne.

Il s’agit d’une trouvaille « exceptionnelle », a estimé l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) qui a fouillé ce site.

Tombe du Prince de Lavau (près de Troyes 10)

Pour ce qui concerne la tombe princière de Lavau, le fait d’enterrer un aristocrate dans une grande tombe (espace funéraire de 2 hectares, caveau de 14 m2) surmontée d’un tumulus de 40 mètres de diamètre visible de loin a un sens profondément politique : celui d’affirmer le pouvoir du chef et de marquer son territoire.

Fragment d’une anse (tombe du Prince de Lavau)

A présent, laissons nos celtes conquérir le monde et concentrons-nous sur ce qui sera plus tard la Champagne. Bar-Sur-Seine tout comme TROYES, se trouve sur un axe commercial majeur : la route l’étain puis, plus tard au Moyen-Âge, les grandes voies commerciales des foires de Champagne.

Maintes fois traversée ou envahies par les peuples venant du Nord ou l’Est ou du Sud de l’Europe, notre région s’est imprégnée des us et coutumes de ces occupants abandonnant à chaque fois un pan de ses traditions ancestrales celtes. Le brassages des peuples et de leurs coutumes ont eu raison de notre passé celte.

Pour bien comprendre les brassages des peuples en France durant l’Histoire ces petits films (liens publiés sur YOUTUBE) vous aideront à visualiser les différentes influences subie par notre région.

L’histoire de l’Europe – Part 1/4

L’histoire de l’Europe – Part 2/4

L’histoire de l’Europe – Part 3/4

L’histoire de l’Europe – Part 4/4

La grande guerre mettra fin aux traditions et autres identités telles que les langues régionales (le champenois est une langue oubliée aujourd’hui) en ralliant le peuple français sous une seule et même unité constituée du drapeau français, de la langue française, et des traditions chrétiennes catholiques…

Dans ces conditions, quoi de plus normal que l’on revienne aujourd’hui aux traditions ancestrales que sont par exemple Halloween cette fête païenne oubliée pour les raisons évoquées ci-dessus ?

On l’aura compris, Bar-Sur-Seine possède un riche passé historique. Il suffit de se baisser dans les champs fraîchement labourés pour tomber sur un silex taillé pas nos ancêtres préhistoriques pourvu qu’on ait la patience de chercher… de fouiller … Des Voies romaines traversent notre département (petit pont romain à Spoy). Les foires de Champagne on fait la gloire de notre région. La révolution industrielle et la bonneterie ont enrichit Troyes et d’autres villes auboise comme Bar-Sur-Seine. Enfin le vignoble de Champagne, si réputé et si prisé dans le monde entier continue de faire de Bar-Sur-Seine une ville hors du commun.

Voici quelques livres pour en savoir plus :

  • L’Europe celtique à l’âge du fer, Olivier Buchsenschutz, PUF, 2015.
  • Les Celtes. Histoire d’un mythe, Jean-Louis Brunaux, Belin, 2014.
  • La Celtique méditerranéenne, Dominique Garcia, Errance, 2014.
  • Mais où sont passés les Indo-Européens ?, Jean-Paul Demoule, Seuil, 2014.
  • Les Celtes. Trésors d’une civilisation ancienne, Daniele Vitali, White Star, 2013.
  • Les Celtes. Histoire et dictionnaire, Venceslas Kruta, PUF, 2012.
  • Regard sur la Gaule, Christian Goudineau, Errance, 2000.
  • L’âge du fer en France. Premières villes, premiers états celtiques, Patrice Brun, Pascal Ruby, La Découverte, 2008.
  • Les Fêtes celtiques, Françoise Le Roux, Christian-J. Guyonvarc’h, Ouest-France, 1995.
  • Princes et princesses de la Celtique. Le premier âge du fer en Europe, Patrice Brun, Errance, 1991.
  • La Tombe de Vix. Un trésor celte entre histoire et légende, Félicie Fougère, Fage, 2016.
  • Princesse de Vix, prince de Lavau, Félicie Fougère, catalogue de l’exposition du Musée du Pays châtillonnais/Inrap, 2016