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Foires de Champagne

Les grandes routes commerciales sont toutes passées obligatoirement par TROYES. Elles ont donné naissance aux Foires de Champagne. Tout cela c’était il y a bien longtemps. Très longtemps…

La route de l’étain tout d’abord ..

Les pays du sud avaient besoin de l’étain et pour cela ils l’importaient du Nord de l’Europe de l’actuel Royaume Unis en traversant l’actuelle France et en passant par Troyes.

Puis plus tard celles de la soie et des étoffes, celle des épices prirent le chemin inverse mais toujours en passant par ….? Troyes !

Ces voies commerciales ont données naissances aux plus grandes foires médiévales. Ces foires sont comme le grand bazar d’Istanbul, un énorme souk. On y vend et on y achète aussi bien des étoffes que du vin, du charbon que des bêtes de somme, des pierres précieuses que des remèdes pharmaceutiques.

Au Moyen Âge, les tissus étaient fabriqués à partir de fibres naturelles végétales ou animales. Les tissus étaient produits soit dans le cadre familial (filage et tissage le soir à la veillée ou pendant les journées d’hiver où le travail à l’extérieur était très réduit) soit en ville dans un atelier où les compagnons et apprentis filateurs et tisserands travaillaient sous la direction du maître.

  • La laine donnait des tissus (les langes) qui servaient à confectionner des vêtements. ; Les Génois produisaient le velours.
  • Le lin servait à la création des linges c’est à dire des draps ou des vêtements.
  • Le chanvre donnait une étoffe grossière, ressemblant à de la ficelle. Ce tissu de bure servait à fabriquer les vêtements pour les paysans, les moines, les pèlerins mais était également utilisé pour l’ameublement (d’où le mot bureau).
  • La soie, qui était importée de Chine grâce à la route de la soie, fournissait la matière des tissus de luxe. Elle était réservée aux princes laïcs ou religieux (pape, cardinaux, évêques). Si on les brode avec des fils d’or ou d’argent on fabrique des brocarts.

Jusqu’au XIVe siècle, les formes de vêtements varient peu, et sont à peu près les mêmes pour tout le monde. Le vêtement de base était une sorte de longue chemise, resserrée à la taille. On prélevait la laine des moutons à la ferme, on la tissait et on la filait sur place.

Chez les personnes plus aisées, en revanche, les tenues étaient plus élaborées et la mode changeait très vite. Les vêtements au Moyen Âge sont nombreux et variés. Ils ont beaucoup évolué au fil des années. Bien qu’ils soient assez simples, ils doivent être le reflet de la place de chacun dans la société. On reconnait ainsi le clerc, le moine, le légiste, le noble, le bourgeois, le paysan, … au costume qu’ils portent. Les souverains y veillent en réservant certaines étoffes précieuses, fourrures ou couleurs à la noblesse.

Certaines règles ne variaient cependant pas : les jupes ne remontaient jamais au-dessus de la cheville, mais les décolletés pouvaient descendre assez bas. Les femmes couvraient leurs cheveux. Les hommes pouvaient porter des bas et des vestes courtes.

Côté Brie (dans l’actuelle Seine-et-Marne) :

  • Une à Lagny
  • et deux à Provins

Côté Champagne :

  • Une à Bar-sur-Aube
  • et deux très importantes à TROYES (Foire Chaude de la Saint Jean le 23 juin, et Foire Froide de la Saint Rémy le 15 janvier)

De fait, l’activité ne s’interrompe jamais tout au long de l’année.

Le roi Charles IX affirme que « Troyes est l’entrepôt des parties les plus commerçantes de l’Europe » et « IL » (excusez du peu) place à son tour les marchands sous sa protection royale. Les foires se déroulent dans quatre villes qui organisent en tout six foires :

La route des marchands originaires de toute l’Europe et même d’au-delà les mers passait obligatoirement par Troyes. Ville de foire, la cité tricasse n’en est pas moins une place financière de première importance (certain la comparent à la City de Londres).

Au Moyen Âge, les Comtes de Champagne et le Roi lui-même favorisent la prospérité des échanges commerciaux.

Si le Troyes des Grandes Foires est un formidable lieu d’échanges commerciaux, c’est aussi un point de rencontre où se confrontent les idées et les hommes. Cette effervescence intellectuelle, nous pouvons la mesurer en partie au travers de l’écrit, du fonds ancien de la bibliothèque de Troyes.

Celle-ci conserve en particulier la bibliothèque du Comte Henri 1er le Libéral et de sa femme Marie de Champagne, première bibliothèque princière française connue depuis Charlemagne…

A propos les Foires chaudes de même que les foires froides existent toujours de nos jours à TROYES. Leurs noms et le type d’activités a un peu changé : les Foires Chaudes de la Saint Jean le 23 juin sont désormais des foires commerciales, et les Foires Froides de la Saint Rémy le 15 janvier sont déplacées fin février pour durer un mois ce sont les foires de Mars

Origine champenoise de certaines expressions nées lors des Foires de Champagne..

Beaucoup de mots de notre langage contemporains trouvent leurs origines en Champagne et à TROYES en particulier.

« Avoir pignon sur Rue »

Les maisons champenoises et surtout celle des riches commerçant troyens sont placées les unes contre les autres, perpendiculairement à la chaussée comme le montre cette vue aérienne du centre historique de la ville.

À l’origine, le « pignon » est un élément architectural constitutif des maisons de ville. En effet, entre le XVe et le XVIIe siècle, les habitations comportaient en leur sommet un pignon de forme triangulaire, servant à soutenir la poutre principale de la charpente.  Ce pignon pouvait être orienté côté cour ou bien côté rue. Dans ce dernier cas, il faisait donc partie intégrante de la façade

Le pignon côté rue était décoré avec faste par les propriétaires les plus aisés, et de façon plus sommaire pour les propriétaires plus modestes. Aussi, on disait « avoir pignon sur rue » pour décrire ces maisons plus décorées, synonymes de richesse et de confort financier. Les pignons de ces riches maisons de bourgeois donnent sur la rue. « Avoir pignon sur Rue » vient de là !

Voici encore une invitation à découvrir le centre de villes comme TROYES, Bar s/ Seine ou Bar s/ Aube. Ces villes sont des joyaux de la fin du Moyen-âge début renaissance.

Tenir le haut du pavé

En France le tout-à-l’égout n’existe que depuis peu. Très très peu même puisqu’il date de la loi de 1894 qui institue le tout-à-l’égout obligatoire. Il apparaitra à Paris puis dans toutes les villes où il se mettra en place doucement.

OK mais avant son arrivée, pouaaaah !!! La populace jetait par les fenêtres tous leurs détritus, excréments et autres immondices. A tout moment vous risquiez une douche de « merde » …. Pas de quoi en rire, croyez moi. Les rues et ruelles étaient faites de telles façon qu’une rigole, un caniveau, situé au centre de la voie récupérait tant bien que mal surtout, ces immondices. Il faut aussi se rappeler que lorsque vous circuliez, vous deviez laisser le passage en priorité aux nobles et aux notables. C’est ainsi que vous deviez vous effacer pour continuer votre route au centre de la ruelle

Donc, si on n’était pas un riche notable, ou un bon gros bourgeois, ou mieux quelqu’un issu de la noblesse, vous deviez leur laisser le passage sécurisé ! Pendant que vous étiez au bas du pavé, dans le caniveau, à prendre une pluie immonde sur la tête, eux tenait le haut du pavé… Cette expression signifiait à l’origine « avoir une position élevée ». Par extension, elle veut également dire « tenir le premier rang, jouir d’une grande considération » C.Q.F.D.

L‘Once Troy.

Tenez, une info qui va vous faire briller dans les diners en ville : qu’est-ce qui vaut très exactement 0,0311034768 kilogrammes ? Les Anglo-Saxons continuent aujourd’hui d’utiliser cette unité de mesure réchappée de cette époque pour peser les métaux précieux. Elle porte un nom qui en dit long sur son origine : l’once troy. Ces 31,103 grammes (en arrondi) sont ceux  du « troy ounce », l’unité de mesure utilisée dans les pays anglo-saxons pour peser l’or, l’argent, le platine et les pierres précieuses. L’once troy est un héritage direct des Foires de Champagne.  La Révolution française lui a substitué notre système métrique actuel.